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In Bed with Active Vectors

" Une musique de danse,
mais pas forcément une musique de fête "

A l'occasion de leur première sortie K7 sur Fullfridge Music, Synaptic et Mr Casual reviennent avec nous sur leur parcours musical, les débuts de la scène dubstep en France, et les particularités de leur duo Active Vectors. Attention, interview fleuve !

Active Vectors By Citor
Active Vectors By Citor

Pour commencer, est-ce que vous pouvez me résumer un peu le cheminement musical qui vous a amené à découvrir, puis promouvoir le dubstep en France ?

Synaptic
: Alors… Déjà, j’ai découvert la musique électronique au début des années 90, dans les premières raves parisiennes, et j’ai tout de suite kiffé. Je n’avais pas vraiment de culture électronique à l’époque, mais il y avait une sorte de buzz, c’était à la fois nouveau, underground, excitant… C’est comme ça qu’a commencé ma passion pour ces musiques-là. La structure musicale et les timbres étaient vraiment différents de ce que je connaissais à l’époque.

En fait, j’ai toujours eu un penchant pour ce qui était novateur ou bizarre en musique. Du coup l’ovni jungle s’est imposé moi radicalement ! Ensuite, je suis passé à la drum’n’bass, mais ça a fini par me lasser parce que justement, je ne trouvais plus cette expérimentation qui me faisait vibrer à l’origine, au bout d’un moment, c’est devenu un peu trop stéréotypé à mon goût. Et c’est à ce moment que j’ai découvert le grime et le dubstep, aux alentours de 2004 et ça m’a parlé directement…

Quels étaient les vecteurs de diffusion pour ces styles, à l’époque ?

Synaptic
: C’était essentiellement par le net et avec des échanges entre potes. À l’époque, Rinse FM était encore une radio pirate et il n’y avait pas de streaming. Des gens enregistraient des émissions et les diffusaient sur les forums. Et ensuite, je suis allé à Londres pour pour voir ça en vrai. J’écoutais les émissions de Youngsta et de Kode9 et je voulais voir de plus près ce qu’étaient réellement Forward et DMZ. Et je me suis pris une grosse tarte. J’y suis allé en 2005, pour la 3e DMZ. C’était une petite salle avec un très bon sound system sans limiteur. Une sensation radicalement différente de ce que j’avais connu jusqu’alors.

C’est cette expérience qui m’a vraiment donné envie de partager le truc et de ramener ce son à Paris. J’avais déjà participé à l’organisation de soirées avec le crew Kazabasse en drum‘n’bass. Avec RPM Magazine aussi. Ils avaient un petit magazine assez pointu et ils montaient des soirées. Ils programmaient essentiellement de la bass anglaise : drum‘n’bass, broken beat et des trucs grime, breakstep et dubstep en invitant des mecs comme Oris Jay, J da Flex, Zed Bias, Mark One, Plasticman, Paradox… RPM a finalement arrêté le magazine et les soirées et c’est en réponse à un certain vide que j’ai créé le site dubstep.fr, pour promouvoir un son spécifique.

Mr Casual : De mon côté, je suis venu de Londres pour m’installer à Paris en 2000 à peu près. Il n’y avait pas encore de dubstep ou de bass music à cette période, je jouais essentiellement de la deep drum’n’bass, de la liquid funk, des trucs un peu dubby, chaleureux, sexy… A l’époque, j’avais monté une soirée à Paris dans cet esprit, Sexy Fast Soul, avec Hugabass, un activiste drum n bas parisien. On avait invité des producteurs comme Nookie, Cyantifics, Logistics...

Malheureusement, à ce moment-là, tout le monde était dans un trip plus hardcore, et voyait notre style comme de la musique un peu chill out... Du coup au bout de quelques années, je suis passé à autre chose. Ce qui est marrant, c’est que le truc a fini par prendre à Paris, mais trois, quatre ans plus tard... Un peu comme le dubstep à ses débuts, en fait !

Enfin bref, aux alentours de 2003-2004, je suis retourné à Londres pour du boulot, et je suis tombé sur la scène breakbeat de l’époque, Phil Kieran, Botchit and Scarper, Baobinga… Ca tournait autour de 135-140 bpm, avec des influences ragga, reggae… J’avais déjà rencontré Synaptic à l’époque où je mixais drum’n’bass, et de soirée en soirée, on s’est rendu qu’on jouait pas mal le même genre de morceaux. C’est à ce moment qu’on s’est rapprochés, on écoutait du son ensemble, on discutait, on s’essayait un peu à la prod…

En 2005-2006, je continuais à suivre de près le breakbeat, mais j’ai remarqué que la scène commençait a s’épuiser, je trouvais de moins en moins cette fusion entre breakbeat ragga, reggae… Et en discutant  avec David, je me suis rendu compte que les disques que j’achetais à Londres, c’était déjà plus ou moins du dubstep, c’est juste que je ne connaissais pas le terme, pour moi c’était du breakbeat, pour lui du dubstep…

Du coup, j’ai commencé à faire quelques investigations, quand j’avais l’occasion, je passais au shop Black Market à Londres, j’ai aussi commencé à aller au soirées Forward, le premier anniversaire de DMZ, j’ai fait pas mal d’aller/retour du coup entre Paris et Londres… Après, il faut voir qu’à l’époque, il devait y avoir une dizaine de personnes qui écoutaient ça sur Paris je pense, Synaptic, Yossi Subrider, DJ Absurd, Mister Orange, Franck de RPM…

Quelles ont été les premières étapes de cette scène dubstep française, justement ?

Synaptic : Au début, il n’y a avait tout simplement pas de scène en France. On était en 2004-2005. Il y avait juste quelques personnes. Au départ, ça a commençé par des discussions, des échanges de mixes, de liens. Puis à un moment donné, il y a eu la rencontre avec Subrider, qui est sorti de nulle part en montant une soirée avec Kode9 au Point Ephémère. Boom! Il avait également un studio avec un sound system et on a commencé à faire des sessions d’écoute de nos disques, de nos productions. Ça a été un moment important pour nous, pour notre évolution.

En 2006, on a monté une série de soirées : ça a commencé avec les Melting Point, puis les Basement Sessions. Au début, ça n’attirait pas beaucoup de monde, mais de notre côté, on suivait juste nos envies, on n’avait pas forcément l’ambition de faire un gros truc. Ensuite, j’ai eu l’opportunité de faire des soirées Basement Limited au Nouveau Casino avec Greg G, un DJ basé à Nantes qui avait un crew avec Likhan et d’autres potes. De leur côté, ils avaient déjà fait un vrai boulot de promo sur le UK garage. Ils avaient déjà booké Kode9 en 2002 ou 2003…

En gros, on voulait créer une scène, et nos seuls outils, c’étaient le net et les soirées. C’est pour ça que j’ai ressenti le besoin de monter un site d’information, pour rassembler les gens susceptibles d’être touchés par cette musique. J’ai donc créé dubstep.fr qui avait pour rôle d’informer sur les sorties de disques, les évènements et incluait aussi un forum. Je crois que c’était important pour se dire qu’il y avait aussi une identité française : on était tous éparpillés, mais on avait une plateforme pour échanger, discuter, partager, ça a été un élément assez fédérateur pour la scène je crois.

Et du coup, forcément, il y a eu des rapprochements : on est allé jouer à Strasbourg, Lyon, Clermont-Ferrand, Nantes… Ça a donné l’impulsion pour des rencontres comme les French Producers Meeting et Dubstep Nation qui mettaient en avant des artistes et labels français.

Mr Casual : C’est vrai qu’il n’y avait pas vraiment de crew au début, les premières soirées je crois, c’était les Melting Point de Subrider au Point Ephémère. Côté artistes, c’était une petite clique d’amis, Synaptic, DJ Absurd, Von D, Dub-4, Charlotte Newcity, et bien sûr Greg G. Von D et Greg G, pour moi c’est peut-être ceux qui ont le mieux expatrié la facette du style français. Il y avait un côté à la fois expérimental et sexy…

Des connexions se sont crées du coup…

Mr Casual : Oui, d’abord avec Absurd, un des premiers gars avec qui on a commencé à échanger. Puis, de fil en aiguille, via le développement du forum on a rencontré Dogboy, Shinigami San… On a échangé d’abord sur le net mais la connexion réelle s’est faite très vite, l’un qui passe chez l’autre, etc… Un truc à la cool, entre potes.

Quand est-ce que vous avez ressenti que quelque chose était vraiment en train de se construire ?


Mr Casual : De mon côté, j’ai commencé à pas mal jouer à Londres et à Paris, pas uniquement du dubstep, même si mes sets  étaient de plus en plus influencés par ça. En fait, je tournais sur des configs assez différentes, à Londres c’était plus des soirées « éclectiques » où j’avais la liberté d’explorer plusieurs styles, dont pas mal de dubstep du coup. En France, c’était plus des soirées drum’n’bass qui ouvraient leurs plateaux à ce style en warm-up.

C’était aussi l’époque où pas mal de producteurs drum’n’bass comme Kryptic Minds, Martyn, Benny Page, Breakage, commençaient à jouer et produire des morceaux dubstep, au sens large du terme. Ensuite, en termes de soirées, en France, ça restait quand-même surtout cantonné aux warm-up, avec les difficultés que ça entraine : tu peux difficilement faire évoluer ton set sur la longueur, jouer les explorateurs. Cela-dit, il y avait déjà un petit public fidèle.

Artistiquement parlant, comment vous définiriez la particularité de cette scène française, par rapport à la scène anglaise ou européenne ?

Synaptic : Pour les producteurs dont je me suis senti proche dès le début, comme Mr Casual ou Dogboy, c’était avant tout une vibe. Ca a effectivement émergé en Angleterre, mais c’était aussi et avant tout une atmosphère, et c’est là dessus que l’on voulait travailler.
C’est aussi ce que j’ai apprécié chez 7even Recordings, un label qui a vraiment défendu et exporté une production locale avec une saveur particulière en signant des artistes comme Likhan, F, Helixir… Est-ce que ça sonnait typiquement français ? Je ne sais pas…

Synaptic, en créant le site dubstep.fr, tu as été l’un des principaux relais médiatiques de cette scène française… Elle n’était pas du tout relayée par les médias musicaux spécialisés à l’époque ?

Synaptic : Non, et c’est aussi ça qui m’a poussé à prendre les choses en main d’une certaine manière : le truc ne prenait pas vis à vis des médias, qui ne réagissaient pas, les gens susceptibles d’en parler ne faisaient rien, alors on l’a fait nous-mêmes. Encore une fois, le net et les soirées, c’était les deux seuls pôles de diffusion : parler du son, puis le jouer dans un contexte approprié. Pas juste s’envoyer des liens de mixes, mais balancer du son sur des bons systèmes.

On a eu la chance de rencontrer Dimitri le programmateur du Nouveau Casino, qui avait compris qu’on avait une activité régulière à travers nos soirées et notre diffusion du mouvement. La première Basement Limited avec Skream a eu lieu en février 2007, ensuite il y a eu Mala, D1, Pinch, Benga, Kode 9, Shackleton, Silkie & Quest… et enfin une soirée spéciale DMZ qui a clôturé la période.

Comme avec Greg G, on était résidents, ça nous a permis aussi de faire jouer des artistes français : DJ Absurd, Mr Casual, Dub4, Marvy, Taiwan…  Un autre projet qui m’a tenu à cœur : l’organisation d’une soirée FWD à Paris avec Youngsta et N-Type dans le cadre du Télérama Dub Festival. (NDLR : soirées cultes de la scène dubstep anglaise, les FWD sont organisées par Rinse FM à Londres)

Aux alentours de 2008, les choses ont commencé à changer…

Synaptic : Oui le dubstep a commencé à buzzer davantage sur le plan international. Sur Paris, à cette époque tu avais encore deux rendez-vous dubstep, Melting Point et les Basement Limited. Et à côté de ça, des collectifs drum’n’bass plus installés ont commencé à inviter de plus en plus d’artistes dubstep.

Ensuite, ce qui a été retenu du dubstep, ce qui lui a permis d’exploser, ce n’est pas forcément le côté que je trouvais le plus intéressant dans le genre, au contraire. C’était les sons « wobble » un peu faciles, qui en mettaient plein la gueule. En fait, on retombait dans les travers de la drum’n’bass, dans ce qui m’avait poussé à m’en éloigner auparavant, pour les mêmes raisons. Cette facette agressive a pris le dessus par rapport au reste, au détriment d’autres visions du genre, qui me paraissaient plus intéressantes. Du coup pour moi, c’était un sentiment assez partagé, celui de se sentir enfin reconnu, et en même temps, pas forcément pour le meilleur de ce que l’on avait à proposer.

Je ne veux pas non plus dresser un portrait trop négatif. A côté de ça, il y a toujours eu, et il y a toujours à l’heure actuelle, des projets super intéressants, mais il faut chercher, gratter sous la surface. D’ailleurs aujourd’hui, tout est permis, tout est possible. Ce que j’appelais dubstep à l’époque, c’est ce qu’on appelle aujourd’hui bass music. Ca a changé d’appellation, mais tu retrouves toujours le même état d’esprit : la basse, l’expérimentation, l’espace, les rythmiques expérimentales... Quelque chose d’assez ouvert. C’est toujours très excitant.

Et toi, Mr Casual, ta vision de la chose ?

Mr Casual : Déjà, j’aimerais citer Toolbox qui est présent depuis 15 ans et a toujours été ouvert aux évolutions de la bass music. Je pressens aussi une bonne relève avec des DJs/organisateurs comme Jeremy Exploration. Ensuite, de mon côté, je reste assez proche de ma team des débuts : Von D, Absurd, Dogboy, Shinigami San, font tous du super boulot. Sabaat Machines, Pushy et Nibé sont aussi des producteurs à suivre de prêt.

Sinon, côté bass music, on en est arrivé au stade pop du truc, c’est un cycle… Mais l’histoire ne s’arrête pas pour autant, l’exploration continue, l’humeur évolue, et il y a toujours des croisements avec d’autres formes d’expérimentations. En quelque sorte, on oublie les mots, les styles, mais l’esprit est intact. Aujourd’hui, on est plus dans une manière d’aborder la musique, le rythme, la profondeur… Et Fullfridge Music répond bien à ce type d’attentes selon moi.

Après, le truc, c’est toujours la quête de nouveautés et j’avoue que je vais avoir moins tendance à suivre des nouveaux producteurs qui vont faire un son typé early dubstep. La mine peut toujours cacher un nouveau trésor, mais elle a été déjà pas mal été explorée à l’époque. Pour ma part, je continue à me concentrer sur mon son, tout en passant par d’autres étapes de mon parcours musical personnel. Je continue de partager tout ça avec le même crew d’amis, on fait des sessions où on écoute nos prods, on échange. Même si bien sûr, il faut toujours rester à la page, observer les nouveaux producteurs, suivre l’évolution du truc, c’est normal…

Active Vectors By Citor
Active Vectors By Citor

Vous pouvez me présenter un peu Active Vectors ?

Mr Casual : Active Vectors, c'est notre side-projet en commun, Synaptic et moi. Côté son, on aborde un truc space soundtrack, dark et deep. On a monté ce duo en 2006 dans l'idée de donner une approche personnelle de ce qui tournait entre 130 et 140 bpm et de ce que l'on commençait à qualifier de dubstep.

Synaptic : Le projet est né assez naturellement lors de sessions d’écoute de nos morceaux respectifs. Nous avons commencé à en retoucher et remixer certains ensemble et une identité particulière s’est rapidement dégagée de notre collaboration. C’est à ce moment que nous avons décidé de faire notre première mixtape sous l’alias Active Vectors.

Comment s’est fait la connexion avec Fullfridge Music ?

Mr Casual : Ca s'est fait via Dogboy il me semble bien, il y a deux ans, dans le cadre d'une soirée chez lui.

Synaptic : Je crois que Mickael a.k.a. Cloudnumber s’intéressait à nos activités et à nos productions depuis quelques années. Je suivais moi-même de près la direction artistique de son label, audacieuse sur le plan musical avec le parti-pris courageux de soutenir des artistes locaux peu connus. Cette rencontre et ce projet de mixtape sont le fruit d’un respect mutuel.

Comment est né ce projet de mixtape ?

Synaptic : C’est la quatrième mixtape que nous réalisons depuis 2006. Elles sont toutes basées sur le même principe : n’y inclure que nos productions. Ça n’a pas le degré d’achèvement d’un album, puisqu’il s’agit plutôt de la mise en perspective d’un travail de recherche en cours. Ça nous permet d’avoir une image de référence pour avancer dans notre travail et d’en valider la cohérence. C’est un peu comme poser des jalons pour pouvoir passer à l’étape suivante.

Mr Casual : En fait, depuis le début, on a fait ce choix de diffuser notre production via ce principe de la mixtape en ligne, et là, Cloudnumber nous a proposé de la matérialiser sous format K7 à l'occasion d'une sortie. Quand à sa conception, cela reprend simplement l'idée que je me fais de soirées où j'ai envie d'écouter beaucoup de choses différentes, avec de la production et quelque chose de toujours éclectique dans la sélection. La tape réunit donc des productions différentes en style, avec une trame rythmique qui tourne autour de 130 bpm sur une face, et 160 bpm sur l'autre.

Ces derniers temps, je me suis beaucoup intéressé à ce qui se faisait autour de 160 bpm, c'est encore vraiment un monde à explorer selon moi, une sorte de tableau blanc, avec beaucoup de place pour essayer des trucs différents. Le rythme et la vie sont assez proches de ce qu'on peut trouver dans la jungle, ou dans un truc early-hardcore des années 90/91. C'est avec ca que j'ai grandi et c'est mon grand amour. Ce qu'il y a de vraiment intéressant du coup, avec le juke sur cette même base rythmique, c'est évidement l'effet ralenti que tu as sur des morceaux super rapides. Bref, quand tu écoutes un morceau type juke, tu as finalement l'impression d'écouter un morceau à 80 bpm. L'effet un peu tribal et speed qui peut en ressortir m'anime pas mal.

La mixtape est composée d’une vingtaine de morceaux, répartis, comme vous l’indiquiez, sur deux plages à des tempos différents. C’était prévu dès le départ ou ça a évolué en cours de route ?

Synaptic : Rien n’était clairement défini à l’avance. Ce qui était sûr c’est que nous avions une bonne quantité de morceaux inédits et que nous voulions en faire quelque chose. C’était aussi ce qui animait le projet Active Sessions en live streaming : proposer une tribune exclusivement réservée à nos productions et à celles de nos invités.

La division de la mixtape en deux parties distinctes est plutôt liée aux contraintes techniques du beatmatching et de la bande magnétique. Sur le strict plan artistique, il n’y a pas de rupture entre ce que nous produisons à 130-140 bpm ou 160-170 bpm. La différence de bpm amène forcément des énergies et des grooves différents, mais j’y vois plutôt des variations au sein d’une unité de conception.

Synaptic, tu disais lors d’une précédente interview que votre musique était « une musique de danse, mais pas forcément une musique de fête ». Tu peux nous en dire plus ?


Synaptic : Oui, c’est vrai, et c’est le cas d’un grand nombre de musiques de danse, qu’elles soient électroniques ou tribales. Je disais cela en soulignant le caractère mineur et sombre parfois teintée de gravité et de mélancolie de notre musique. Il s’agit d’une atmosphère sombre au sens crépusculaire ou nocturne, mais débarrassé de l’imaginaire macabre et anxiogène qui y est souvent associé. Il est plutôt question de la dimension introspective, méditative et cosmique de la nuit.

Cette mixtape sort en format K7, quelle vision portez-vous sur ce support ?


Mr Casual : J'ai pensé cela comme une simple soundtrack, une cassette que tu te mets dans ta voiture et dans laquelle tu découvres qu'il y a un mix. C'est peut-être un truc de geek, de collectionneurs aussi… Après, ce que j'apprécie évidemment avec la K7, c'est que ca reste un support où ce sera plus difficile de zapper, tu écoutes quelque chose dans la longueur avec bien évidemment une touche analogique qui n'en est pas moins importante.

Synaptic : Je veux d’ailleurs donner une bonne grosse accolade fraternelle à Mikael pour oser prendre le risque de ce support dont le grain analogique convient parfaitement à l’idée que je me fais de notre musique. J’ai aussi toujours eu beaucoup d’estime pour l’artisanat et les valeurs qui s’y rattachent. Bravo et merci !

Pour terminer, un mot sur les deux dubs exclusifs en plage séparée qui l’accompagnent ?


Mr Casual : Pour moi, ce sont des morceaux qui évoquent une rythmique proche du juke, mais plus désarticulés, « twisted », et définitivement orientés dark, comme ce que l'on a toujours fait avec Synaptic depuis le début sur le projet Active Vectors, avec des prods plus proche du grime.

Synaptic : Dumbo est un morceau que j’ai écrit assez vite, d’une manière délibérément irréfléchie. Il ne se rapporte pas à un quelconque personnage aux grandes oreilles, mais bien à l’état d’esprit débile, sans préjugé que j’ai adopté en le faisant.


Lost & Found Mixtape By Active Vectors

Disponible depuis le 4 février 2014 en cassette (série limitée)
et digital sur la boutique bandcamp du label Fullfridge Music

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